Savez-vous qu'un oeuf de Pâques contient généralement 25 grammes de chocolat. Seulement, il n’est pas toujours aisé de rester raisonnable et de se limiter à une seule portion de chocolat…

Si la tradition des oeufs de Pâques en chocolat est bien installée en France, ce n’est pas le cas dans tous les pays européens. Par exemple, dans les pays à tradition orthodoxe, on décore de simples oeufs avec des motifs géométriques et colorés. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette tradition est purement commerciale et n’a pas de référence religieuse.

Le fait de manger et de décorer des oeufs proviendrait des fêtes païennes où l’on célébrait l’arrivée du printemps par la symbolique de l’oeuf (porteur du germe de la vie). Néanmoins, il semblerait bien que l’interdiction au XVIIe siècle de consommer des oeufs pendant le Carême soit à l’origine de la tradition des oeufs de Pâques. En effet, leur accumulation a poussé la population à stocker et à décorer les oeufs pour la fin du Carême.

Si vous êtes gourmand et planifiez d’acheter vos oeufs de Pâques pour votre famille et vos amis, et pourquoi pas d’organiser une chasse aux oeufs, vous pouvez être amené à vous questionner sur leur apport calorique.

Les chocolats de Pâques sont divers (petits et gros oeufs, cloches, lapins, chocolat au lait, noir ou blanc….). Par conséquent, la quantité de sucre et le nombre de calories peuvent grandement varier. Néanmoins, il n’est pas rare qu’un grand oeuf de Pâques au chocolat au lait pèse 200 grammes et contient 110 grammes de sucre et 1 100 calories !  

Évidemment, nous avons tous un métabolisme unique. Néanmoins, il est certain que la consommation d’un chocolat de Pâques d’un poids de 200 g (et donc contenant 110 g de sucre) produira des effets sur votre corps.

Chez Vivami.co, nous avons répertorié les effets d’une consommation importante de chocolat en une fois sur les principaux organes du corps.

Les effets sur le corps d'un oeuf en chocolat

La bouche

Immédiatement après la consommation de chocolat, il y aura des effets sur votre bouche. Tout d’abord, la combinaison de sucre et de salive engendre la création d’acide. Dans un second temps (généralement dans les 15 minutes qui suivent), l’acide commence à attaquer l’émail dentaire et les gencives. Après un certain délai, ce même acide aura tendance à réagir avec les bactéries se trouvant déjà dans la bouche. Cela peut ensuite provoquer une mauvaise haleine (halitose).

L'estomac

Nos estomacs produisent de l’acide pour nous aider à digérer ce que l’on mange. Mais lorsqu’on consomme un niveau élevé de sucre comme c’est le cas dans du chocolat au lait,  cela peut engendrer un taux important d’acide dans l’estomac et provoquer de la douleur et de l’irritation. En outre, quand le taux d’acide dans l’estomac est élevé, l’acide peut remonter vers l’oesophage (reflux d’acide et brûlures d’estomac).

Il est aussi important de noter qu’une fois que le sucre se trouve dans l’estomac, il peut générer des poches de gaz et provoquer de l’inconfort et des flatulences...  

Le pancréas

Les sucres naturels et raffinés à l’intérieur du chocolat (lactose et sucrose) se décomposent avant d’être envoyé vers l’intestin grêle et le système sanguin.

Le pancréas a pour fonction de libérer de l’insuline, qui convertit le sucre à l’intérieur du sang en énergie. Cependant, ce même organe peut uniquement produire une quantité spécifique d’insuline. Par conséquent, quand le niveau de sucre dans le sang est très élevé, tout ne pourra pas être transformé en énergie.

Le foie

Les restes de sucre se trouvant dans le système sanguin et ne pouvant pas être transformés en insuline seront envoyés vers le foie et transformés en graisse. Inévitablement, ce transfert augmentera la charge de travail du foie et compliquera son fonctionnement et le filtrage des autres toxines composant le sang.

Par la suite, lorsque le taux de sucres chute significativement, le système endocrinien essayera d’extraire le sucre du foie pour restaurer un équilibre normal.

Le cerveau

Manger beaucoup de chocolat en une fois peut avoir plusieurs conséquences sur votre cerveau.

Initialement, le sucre et les autres stimulants que l’on peut trouver dans le chocolat sont connectés aux centres morphiniques du système nerveux. Ce sont ces derniers qui libèrent la dopamine. Cette hormone est responsable de la sensation de plaisir et étouffe la sensation de douleur.

La durée de ces effets dépend de la quantité de dopamine libérée. À titre d’exemple, le plaisir ressenti suite à la consommation de chocolat disparaîtra une heure après avoir mangé 100 g.

Par la suite, il est fort probable que vous ressentez un “coup de pompe” (hypoglycémie). C’est-à-dire que le taux de sucre dans le sang, après avoir été haut, diminue de manière significative. Cela peut se traduire par une sensation bénigne de manque, de l’irritabilité, une léthargie et un mal de tête.

Le coeur

Parallèlement, après que le sucre soit envoyé vers le système sanguin, le cerveau ‘pense’ que le corps est attaqué et libère donc du cortisol (aussi appelé hormone de stress) et de l’épinéphrine. Ensemble, elles provoquent une accélération et un renforcement du rythme cardiaque. Par conséquent, la pression artérielle augmente et des palpitations peuvent se manifester.

Le système immunitaire

Une fluctuation du taux d’hormones causée par une consommation excessive de sucres a un effet domino sur le système immunitaire et peut atténuer son fonctionnement. Pendant quelques heures, le corps est plus susceptible de contracter une infection.

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Quelle quantité de chocolat est-il raisonnable de manger ?  

Le sucre : quels sont les apports recommandés ?

Pour une personne adulte, les apports nutritionnels de référence sont de 2 000 calories et 90 grammes de sucre. Cependant, ce nombre correspond à l’apport  en sucres totaux : ce qui comprend aussi les sucres se trouvant naturellement dans les aliments (lait, fromage, fruits et légumes).

Ces sucres naturels ne sont pas identiques à ceux que l’on trouve dans les produits confectionnés comme les confiseries ou les chocolats. Ces derniers contiennent en effet des sucres ajoutés.

Les aliments contenant des sucres naturels se composent généralement de nutriments clés telles que des protéines, des fibres, des vitamines ou des minéraux. Les aliments non naturels peuvent se composer des mêmes nutriments, mais en quantité beaucoup plus faible. Ce type d’aliments est donc beaucoup plus denses en sucres et calories.

La quantité journalière de sucres ajoutés à consommer ne doit pas dépasser 90 grammes. Pour réduire le risque de sur-consommation, il est important de se rappeler que les sucres ajoutés consommés quotidiennement ne doivent pas dépasser plus de 5% des calories ingurgitées. Pour un adulte, cela constitue donc 30 grammes maximum.

Pour les enfants, les références sont évidemment plus faibles. Entre 4 et 6 ans, la dose maximale de sucre ne doit pas dépasser 19 g. En 7 et 10 ans, les enfants ne doivent pas consommer plus de 24 g de sucre par jour.

Lorsqu’on lit la composition des produits alimentaires, il y a des facteurs importants à prendre en compte. Les nombres de calorie et de sucre sont donnés en pourcentage, selon les références des apports journaliers de l’adulte (et non pas des enfants). En outre, le pourcentage de sucre se réfère aux sucres totaux et non pas aux sucres ajoutés.

Donc, un grand oeuf de Pâques composé de 110 g de sucres dépasse largement la quantité de sucre recommandée. On se rapproche de l’apport recommandé pour un adulte sur une durée de quatre jours. Pour un enfant, c’est entre quatre et cinq fois plus que la dose recommandée.

Les oeufs de Pâques : oui, mais avec modération !

Notre objectif n’est pas de vous faire culpabiliser, car il est très important de savoir aussi s’accorder des plaisirs occasionnels. Les oeufs et chocolats de Pâques sont par ailleurs une tradition bien ancrée et il serait dommage de s’en passer.  

En outre, les fêtes familiales sont l’occasion de se faire plaisir et de manger un peu plus que d’habitude. Tant que cela ne devient pas une habitude régulière, il n’y aura pas de conséquence négative sur votre santé.

Si donner et recevoir des chocolats de Pâques est une tradition pour votre famille mais que vous souhaitez éviter les excès et une prise de poids éventuelle, nous vous invitons à suivre les conseils suivants :

  1. Ne mangez pas votre chocolat de Pâques en une fois. Un oeuf de Pâques peut contenir plus de la moitié de l’apport calorique journalier recommandé, l’équivalent de deux jours d’apports en graisses saturées et de quatre jours d’apports en sucres (pour un adulte). C’est pour cette raison qu’il est important de profiter à petite dose de votre chocolat de Pâques et de faire durer le plaisir sur plusieurs jours
  2. Privilégiez l’achat de chocolats de taille raisonnable. Le meilleur moyen de ne pas céder à la tentation et de ne pas avoir des chocolats de grande taille
  3. Si vous recevez un grand oeuf en chocolat, partagez-le avec votre entourage ou vos collègues
  4. Privilégiez le chocolat noir au chocolat au lait. Le chocolat noir contient 70% à 80% de cacao. Son goût est plus intense et vous n’avez pas besoin de manger autant de chocolat. En outre, le chocolat noir est moins calorique que le chocolat au lait
  5. Prenez soin de vos dents. Après avoir mangé du chocolat, buvez de l’eau pour éviter la production d’acide générée par la consommation de sucres et pouvant attaquer les dents et les gencives. Il est inutile de rappeler que vous devez régulièrement vous lavez les dents (2 à 3 fois par jour)

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